Vos délais de livraison s’écrivent le vendredi soir, au service commercial
Fin de mois. Un client hésite. Un commercial, soudain inspiré : « Quatre semaines, c'est faisable. »
Faisable, certes. Pour quelqu'un qui ne sera pas à l'atelier lundi matin. Les promesses, comme les gueules de bois, se paient toujours le lendemain, et rarement par celui qui les a faites.
Lundi, donc. Deux commandes glissent discrètement vers la droite du planning. Les heures supplémentaires sortent de leur retraite. Un fournisseur reçoit un appel d'une tendresse suspecte.
Les deux clients décalés n'avaient rien demandé. Ils l'apprendront à la livraison, l'amour fou n'étant pas leur genre.
En réunion, chacun joue sa partition. La vente trouve la production lente. La production trouve la vente romanesque. Tout le monde a raison, ce qui n'a jamais rassuré personne.
Quand chaque commande est une exception, chaque délai devient une négociation.
Un délai promis sans regarder la capacité n'est pas un argument commercial. C'est un chèque signé par quelqu'un d'autre.
Selon vous, qui devrait avoir le dernier mot sur un délai ?


